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Chronique
d'une guerre annoncée

Samedi   
15 mars
2014

RÉFÉRENDUM EN CRIMÉE: LA RUSSIE FORCÉMENT GAGNANTE?

KERRY-LAVROV: UN ÉCHEC QUI AUGURE UNE RÉUSSITE?

Harold Hyman - Le 15/03/2014 à 9:30  | MAJ à 10:30

     Un référendum en Crimée sur le rattachement à la Russie n'aurait "aucune valeur juridique", ont averti mercredi les dirigeants des pays occidentaux du G7, demandant à Moscou de faire machine arrière et de ne pas soutenir une telle initiative.

     "Nous appelons la Russie à immédiatement mettre fin à ses actions soutenant un référendum sur le territoire de Crimée (...) en violation de la constitution de l'Ukraine", indique dans un communiqué le G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), auquel est associée l'Union européenne.

     "Un tel référendum n'aurait aucune valeur juridique. Etant donné le manque de préparation adéquate et la présence intimidante des troupes russes, ce serait également un processus entaché d'irrégularités qui n'aurait aucune force morale", poursuit le texte. "Pour toutes ces raisons, nous ne reconnaîtrions pas le résultat".

      Mardi, les autorités séparatistes de Crimée ont fait un pas de plus vers le rattachement à la Russie en adoptant une déclaration d'indépendance, avant le référendum prévu dimanche sur le rattachement de la péninsule à la Russie. Moscou a immédiatement soutenu cette déclaration d'indépendance, la qualifiant d'"absolument légale".

"Au-delà de l'impact sur l'unité, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, l'annexion de la Crimée pourrait avoir des implications sérieuses sur le cadre légal qui protège l'unité et la souveraineté de tous les Etats", met aussi en garde le G7.

UKRAINE: UN RÉFÉRENDUM EN CRIMÉE N'AURAIT "AUCUNE VALEUR JURIDIQUE", SELON LE G7

M.G. avec AFP - Le 12/03/2014 à 14:43  | MAJ à 15:43

M. K. avec AFP

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Les citoyens de Crimée vont voter ce dimanche afin de dire s'ils acceptent le rattachement de leur péninsule à la Russie. 

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Sergueï Lavrov (g.) et John Kerry, les chefs de la diplomatie russe et américaine, vendredi 14 mars à Londres. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Selon un cercle de réflexion londonien, le référendum en Crimée, qui se tiendra ce dimanche, est organisé de telle sorte qu'il sera forcément favorable à la Russie.

     Certains l'ont qualifié de "farce". D'autres l'ont qualifié d'"illégal". Le référendum sur l'indépendance de la Crimée, organisé dimanche prochain, est au cœur des tractations à propos des tensions entre la Russie et l'Ukraine. Pourtant, selon le cercle de réflexion londonien Chatam House, les habitants de la péninsule n'auront pas la possibilité de réellement refuser le rattachement à la Russie.

     Les personnes amenées à s'exprimer auront en effet deux choix: ils pourront décider d'opter soit pour la réunification de la Crimée avec la Fédération de Russie, soit pour le rétablissement de la Constitution de 1992. Seulement, selon Keir Giles, chercheur associé à Chatam House, les deux options envisagées ne sont pas très différentes.

Pas de statu quo 

      Le statu quo ne serait en effet pas prévu sur les bulletins qui seront glissés dans les urnes ce dimanche. "Les citoyens qui étaient satisfaits d'une Crimée faisant partie de l'Ukraine sur la même base que ces vingt dernières années n'ont pas voix au chapitre dans ce référendum", explique le chercheur.

     Le retour à la Constitution de 1992 permettrait à la Crimée d'être indépendante au sein de l'Ukraine, mais tout en gardant la liberté de choisir ses propres partenariats, rapporte la Tribune de Genève. Selon Keir Giles, il s'agirait tout simplement d'une première étape vers une indépendance sous l'influence du pays dirigé par Vladimir Poutine: "Les deux choix présentés aux électeurs criméens ne leur laissent pas la possibilité d'abandonner le contrôle russe", conclut le chercheur.

 

EDITO - Les chefs de la diplomatie américaine et russe n'ont pas réussi vendredi à s'entendre sur la situation en Ukraine. Mais tout n'est pas perdu. L'analyse d'Harold Hyman, journaliste et spécialiste de géopolitique pour BFMTV.

IANOUKOVITCH DÉNONCE LES "NÉO-FASCISTES" AU POUVOIR EN UKRAINE

 

S. C. avec AFP

Le 11/03/2014 à 10:43  | MAJ à 11:43

     Pour la seconde fois depuis qu'il a quitté l'Ukraine précipitamment, le président déchu Viktor Ianoukovitch s'est exprimé depuis Rostov-sur-le-Don, en Russie. "Je suis le président légitime de l'Ukraine et rentrerai bientôt à Kiev", a-t-il réaffirmé. Un discours qu'il avait déjà tenu le 28 février dernier, au même endroit.

     Sans évoquer directement le référendum prévu dimanche pour le rattachement de la Crimée à la Russie, Viktor Ianoukovitch a affirmé que "la Crimée se détache" de l'Ukraine en raison de la politique des "néo-fascistes" arrivés au pouvoir à Kiev, avant d'assurer que l'Ukraine va se ressaisir et "retrouver son unité".

       Dans les relations entre John Kerry et Sergueï Lavrov, tout n'est pas négatif. Des passerelles existent entre les deux hommes, entre les deux diplomaties. Le Russe explique que le gouvernement ukrainien n'est pas fréquentable, surtout en ce qui concerne la présidence ukrainienne, le Premier ministre et les principaux ministères. Mais pas tous: autrement, la coopération bilatérale continue d'aller très bien!

Est-ce là une phrase futile que Sergueï Lavrov nous assène? Non, car les gouvernants russes ne sont pas de grands bavards, ni des sentimentaux, donc il faut deviner où celui-ci veut en venir. Je soupçonne que Lavrov nous prépare à un avenir de relations renouées avec l'Ukraine. Il est clair chez le ministre que les frontières sont les frontières, et que l'invasion générale de l'Ukraine de l'Est et du Sud est récusable.

La Crimée, une région à part

      La Crimée, cependant, n'est pas parfaitement l'Ukraine, même dans la bouche de Lavrov. Son homologue américain le sait bien, et respecte ce sentiment, ce qui est l'une des qualités de Kerry. "Nous comprenons que la Crimée tient une place spéciale dans le cœur des Russes", mais cela ne doit pas défaire tout le système juridique et stratégique qui fit sortir le monde de la Guerre Froide. Ainsi, tous les traités qui garantissent la paix sont sacrés, et ce "micmac" (ce sont mes mots) sur la Crimée fragilise tout l'édifice.

     Le secrétaire d'État pense à la Moldavie, la Lituanie, la Géorgie - là, c'est déjà fait! - qui pourraient voir leurs frontières rognées par divers stratagèmes poutiniens. John Kerry comprend également que les gouvernants russes ne répondent bien qu'aux démonstrations de force: tu bombes le torse, eh bien moi aussi. C'est ce que fait John Kerry et l'on verra d'ici lundi si Vladimir Poutine ne trouve pas une branche à laquelle s'accrocher pout entamer un compromis dans l'honneur.

Unanimité sur le référendum

 

      Car en définitive, il y a unanimité sur l'issue du référendum en Crimée. Et hormis les gouvernants ukrainiens, chacun sent le poids de l'histoire qui a si peu lié la Crimée à un État ukrainien indépendant depuis 1992 seulement. Alors comment l'Occident peut-il donner la Crimée à la Russie dans les formes chères aux occidentaux? Comment le Kremlin peut-il renoncer à l'intimidation à la sauce russe sans renoncer à cette Crimée, terre irrédentiste par excellence?

IANOUKOVITCH DÉNONCE LES "NÉO-FASCISTES" AU POUVOIR EN UKRAINE

 

S. C. avec AFP

Le 11/03/2014 à 10:43  | MAJ à 11:43

     Pour la seconde fois depuis qu'il a quitté l'Ukraine précipitamment, le président déchu Viktor Ianoukovitch s'est exprimé depuis Rostov-sur-le-Don, en Russie. "Je suis le président légitime de l'Ukraine et rentrerai bientôt à Kiev", a-t-il réaffirmé. Un discours qu'il avait déjà tenu le 28 février dernier, au même endroit.

     Sans évoquer directement le référendum prévu dimanche pour le rattachement de la Crimée à la Russie, Viktor Ianoukovitch a affirmé que "la Crimée se détache" de l'Ukraine en raison de la politique des "néo-fascistes" arrivés au pouvoir à Kiev, avant d'assurer que l'Ukraine va se ressaisir et "retrouver son unité".