COP 16 & CMP 6 Mexique
Mexique

Cancün
du 29/11 au 11/12/2010
Après le séisme de Copenhague, la COP 16 à Cancún (Mexique), qui s'est tenue du 29 novembre au 10 décembre 2010, avait une mission quasi impossible : restaurer la confiance dans le système de négociation de l'ONU.
Contre toute attente, cette conférence a été un succès diplomatique, mené de main de maître par la ministre mexicaine Patricia Espinosa.
Les enjeux majeurs de Cancún (2010)
L'objectif était de "sauver le multilatéralisme". Il s'agissait de transformer les promesses politiques fragiles de Copenhague en décisions officielles et structurées.
1. La création du Fonds Vert pour le Climat (FVC)
C'est l'acte de naissance officiel du Green Climate Fund.
Ce fonds a été conçu pour être l'outil principal de financement des pays du Sud.
L'objectif était de canaliser une grande partie des 100 milliards de dollars par an promis pour aider les pays les plus vulnérables à s'adapter et à réduire leurs émissions.
2. Le "Cadre de Cancún pour l'adaptation"
L'adaptation a enfin été mise sur un pied d'égalité avec l'atténuation (la réduction des gaz à effet de serre). On a créé un comité de l'adaptation pour coordonner les efforts mondiaux, car il était devenu évident que certains impacts du réchauffement étaient déjà inévitables.
3. La transparence (MRV)
Pour rassurer les pays du Nord (comme les USA), les pays émergents (comme la Chine) ont accepté plus de transparence. On a instauré le principe du MRV : Mesurable, Rapportable et Vérifiable. Chaque pays doit désormais rendre compte de ses actions de manière plus rigoureuse.
4. La protection des forêts (REDD+)
Le mécanisme de lutte contre la déforestation a été officiellement intégré. L'idée est simple : payer les pays en développement pour qu'ils gardent leurs forêts debout plutôt que de les couper.
Ce qu'il faut retenir (Le bilan)
Point clé | Résultat |
Surnom | La COP de la "Résurrection" (après le crash de 2009). |
Avancée majeure | Création du Fonds Vert pour le Climat et du Centre de technologie climatique. |
Succès diplomatique | Adoption des accords par 193 pays sur 194 (seule la Bolivie a voté contre, jugeant l'accord trop faible). |
Climat politique | Un retour au calme et au respect des procédures onusiennes, loin du chaos de Copenhague. |
À Cancún, on a vu une diplomatie "par le haut" extrêmement efficace pour réparer les erreurs des chefs d'État. Mais pour le citoyen, le processus est devenu encore plus technique : on a créé des comités, des fonds, des registres et des acronymes complexes.
C’est le moment où la lutte pour le climat s'est transformée en une immense machine bureaucratique mondiale. Le citoyen, lui, recevait l'information que "tout était sous contrôle", alors que les émissions mondiales continuaient de grimper.

