Lettre ouverte aux acteurs politiques
13.02.2019

Oupeye, le 13.02.2019

 

 

 

AVERTISSEMENT
Lettre ouverte aux acteurs politiques

(envoyée par Recommandé à Charles Michel, Premier Ministre)

 

 



Le 26 mai prochain, le monde entier aura les yeux tournés vers l’Europe et vers la Belgique.
 

Dès à présent les partis tentent de séduire l’électorat et lui exposent leurs arguments. Çà, ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau en revanche, c’est que les citoyennes et citoyens européens ne se laissent plus facilement convaincre. Ils s’informent, analysent, critiquent, et admettent que l’investissement personnel, dans la durée, en vue de protéger le bien commun, est essentiel.


Si certains d’entre eux luttent pour le maintien du pouvoir d’achat ou de l’emploi, d’autres, plus jeunes et très lucides se préoccupent de l’avenir de la planète.


L’avenir de la planète est une préoccupation essentielle pour de nombreux économistes, scientifiques et industriels. C’est ainsi que naquit en 1968 le Club de Rome piloté dès le début par l’italien Aurélio Peccei, membre du conseil d’administration de Fiat. C’était la fin de ce qu’il à été convenu d’appeler les trente glorieuses, ces années où le chômage était marginal. C’était l’époque où chaque salarié était heureux de ramener à la maison la paie qui faisait vivre toute la famille. Peu de gens se souciaient de ce qui pouvait arriver à la planète.


Et pourtant, dans son premier rapport The Limits of the Growth, paru en 1972, le Club de Rome mettait en garde les dirigeants du monde sur les effets dévastateurs d’une croissance incontrôlée. Ce rapport fut traduit en français par une interrogation très pertinente : Halte à la croissance ? Ce rapport fut édité en milliers d’exemplaires et diffusés essentiellement dans les universités. La plupart des dirigeants de la planète n’en lurent pas une ligne. Pire, ils serinaient en boucle que le plein emploi allait revenir et qu’il ne fallait pas se tracasser. On inventa le crédit à la consommation, ce qui engendra les extractions et productions excédentaires.
 

En 1991, un autre italien, Riccardo Petrella – bien connu en Belgique puisqu’il fut professeur d’économie politique à l’Université Catholique de Louvain et directeur du programme FAST à la Commission Européenne – créa le groupe de Lisbonne. L’objet est de promouvoir des analyses critiques des différentes formes que peut prendre la mondialisation. Dans un manifeste publié en 1997, il prit la défense inconditionnelle d’un droit universel et prioritaire : l’accès à l’eau. Il affirme que la gestion solidaire et soutenable de l’eau implique une solidarité mondiale et locale.


C’est ce que crie notre jeunesse aujourd’hui. Ne pillons pas les générations futures et protégeons notre écosystème. Ces citoyens courageux doivent affronter des adversaires de taille, les lobbies de l’eau, qui ont convaincu les gouvernements que seul l’argent commande un comportement rationnel des individus. L’eau n’est plus un bien commun. Elle est devenue une marchandise sans qu’aucun élu ne lève le petit doigt pour empêcher çà.


En 1992, le Protocole de Rio admit qu’il existe bel et bien un lien entre la détérioration de notre planète et la détérioration de nos conditions d’existence. Bien que 176 pays, dont la Belgique, signèrent cette convention, on ne peut que constater que les aspects primordiaux – l’environnement et le social – sont relégués au profit de l’aspect économique.


En 1993, le hongrois Ervin László, membre du Club de Rome, créa le Club de Budapest. Il proposa une éthique et un mode de pensée différents
sensés résoudre les problèmes sociaux, politiques, économiques et écologiques. Leur slogan : c’est en nous changeant nous-mêmes que nous pouvons changer le monde.


En 2012, quarante ans après sa création le second rapport du Club de Rome confirma les propos du premier, et on pouvait lire dans le Smithsonian Magazine : « The world is on track for disaster…», autrement dit, “tout se déroule comme prévu pour que survienne le désastre”. Ce désastre découlera du fait que, si l'humanité continue à consommer plus que la nature ne peut produire, un effondrement économique se
traduisant par une baisse massive de la population se produira aux alentours de 2030.


Si vous ne le saviez pas, acteurs et actrices politiques, cette vérité vous fut récemment rappelée courtoisement par la jeune Adélaïde Charlier de 18 ans – co-fondatrice du mouvement Youth for climate – lors du JT de RTLTVI le 31 janvier 2019 : « agissez, il vous reste douze ans ». Douze ans ? peut-être moins car certains experts estiment que 2020 est une date probable, ce qui signifie que tous les projets que l’on pourrait
imaginer à moyen terme pourraient être inopérants. Objectivement, le système économicopolitique ne peut se réformer en un an, même en dix ans, mais ces jeunes que j’admire et qui m’émeuvent se battent avec la rage de l’espérance pour que nos politiciens agissent au lieu de promettre.

 

En 2012 toujours, Riccardo Petrella édita un ouvrage : « Au nom de l’Humanité », dont la publication fut d’ailleurs soutenue par la fédération
Wallonie-Bruxelles et qui commence ainsi :


- Il n’y a pas de liberté sans droit, sans justice,
- Il n’y a pas de droits et de justice sans égalité et responsabilité,
- Il n’y a pas d’égalité et responsabilité sans gratuité et sacralité de la vie,
- Il n’y a pas de gratuité et sacralité de la vie sans biens communs publics,
- Il n’y a pas de biens communs publics sans l’humanité,
- Il n’y a pas d’humanité sans vivre ensemble et sans paix
- La « cité » est le lieu ouvert, pluriel du vivre ensemble
- Il n’y a pas de cité sans citoyen.

En 2015, dans sa lettre encyclique « laudato Si ! » (Loué sois-tu !), le pape François rappelait que rien de ce monde ne nous est indifférent. Cette lettre est un plaidoyer pour que les trois règnes (homme, animal, végétal) forment un tout et soient traités sur un même pied d’égalité. Quand l’un d’entre eux éternue, c’est toute la création qui s’enrhume. Le pape est un chef d’état et la sagesse de ses propos sont de nature à réveiller les consciences des acteurs et actrices politiques.


E n parlant du Pape, je me rappelle que le Vatican a reconnu dix-sept apparitions mariales. Elles sont dignes de foi dans la mesure où les apparitions supposées, partout dans le monde sont plus de sept mille. De plus, elles appuyent les analyses critiques scientifiques. Certaines d’entre elles sont très mal connues du grand public.


1917, rappelez-vous ! Quelque part au centre du Portugal, dans une petite bourgade sans histoire, Fatima, trois jeunes bergers virent la Vierge à six reprises. Les deux premières parties du secret furent révélées en 1942 mais elles n’influencent pas notre époque.


Le monde dut attendre le 26 juin 2000 pour connaitre la troisième partie. Les médias ne s’en firent que très timidement l’écho. Cette partie reste très énigmatique pour le commun des mortels. Mgr Bertone affirma que « Fatima est sans aucun doute la plus prophétique des apparitions modernes ». Pour comprendre, il faut se tourner vers Notre Dame d’Akita (Japon) qui délivra à une sourde un message plus clair lié aux apparitions de Fatima.


Le 13 octobre 1973 à Akita, Notre Dame annonça une catastrophe pire que le déluge, accompagnée d’une destruction des trois quarts de l’humanité. C’est finalement ce que prédit également le Club de Rome. Elle poursuivit en disant que lors de cette catastrophe, « les survivants envieront les morts ».


En Avril 2018, le journal Le Monde titrait « Apocalypse now ? » en parlant de la réelle menace des 20.000 têtes nucléaires qui pointent quelque part sur la planète bleue.
 

Dans une allocution à la jeunesse en 2018, le Pape François écrivait "Nous sommes tous d’accord pour dire que la Terre est un héritage commun dont les fruits doivent profiter à tous. Cependant, dans le monde où nous vivons, que se passe-t-il ? Le lien entre la fragilité de la planète requiert une autre manière de conduire l’économie et le progrès qui fasse advenir un nouveau style de vie parce que nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous et qui nous libère de l’esclavage du consumérisme". Ce n’est rien d’autre qu’une manière élégante de rappeler le protocole de Rio, appelé aussi d’un nom plus évocateur : Sommet de la Terre.


Aujourd’hui, les chances sont déjà très minces d’éviter l’irréparable, mais les gens – surtout les plus jeunes – veulent y croire. Il est impératif d’adopter un autre mode de pensée, et de réformer l’ensemble des systèmes politiques belge et européens. A défaut les citoyens seront de plus en plus nombreux à désobéir car ils ont la ferme intention de modifier l’échelle des priorités dont la première est de sauver notre Maison Commune. Alors, aujourd’hui, je lance un avertissement solennel aux acteurs et actrices politiques :


Si
Si, aujourd’hui, vous ne modifier pas l’échelle des priorités,
Si, aujourd’hui, vous ne réformez pas le modèle de gouvernance afin de permettre aux gens de s’exprimer,
Si, aujourd’hui, vous n’adoptez pas un autre modèle de croissance pour moins de biens de consommation et plus de liens avec l’environnement,
Si aujourd’hui, vous ne vous penchez pas sur autre modèle de reconnaissance où chacun recevra le fruit équitable de la solidarité.


Alors


Les citoyens seront de plus en plus nombreux à désobéir,
La force publique les rejoindra dans leur combat,
La masse monétaire s’effondrera,
L’eau viendra à manquer,
Les trois quarts de l’humanité disparaitront.


« Que celui qui a des yeux regarde, que celui qui a des oreilles entende »


Paul THUNISSEN

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