Lettre ouverte à Alexander De Croo
1.10.2021

RECOMMANDé

Deuxième

AVERTISSEMENT

Lettre ouverte aux élus d’aujourd’hui et de demain

Lettre à lire devant le parlement belge

 

                                                                                                           

Monsieur le premier ministre,

Le 13.02.2019 – alors qu’on ne parlait pas encore du COVID-19 – j’ai adressé un courrier au premier ministre, Charles Michel, en l’enjoignant d’entamer une réflexion sur la manière de nous projeter dans l’avenir. Notre petit pays occupe une place centrale et la réflexion aurait pu se déplacer dans les amphithéâtres feutrés du parlement européen.

En substance, je maintenais que, sans changement d’attitude et sans prise de responsabilité immédiate :

  • La masse monétaire s’effondra très bientôt,

  • Les ressources de base (eau, électricité, chauffage) viendront à manquer et par voie de conséquence, coûteront de plus en plus cher,

  • La mortalité va exploser,

  • L’emploi salarié se réduira de manière significative, …

  • Les endettés fiscaux se multiplieront,

  • Les suicides exploseront.

  Le 13.02.2019, trois mois avant les élections de mai, je renvoyais un courrier au premier ministre et j’y proposais une modification de l’échelle des priorités :

  • Réforme du modèle de gouvernance afin de permettre aux gens de s’exprimer,

  • Réforme du modèle de croissance pour moins de biens de consommation et plus de liens avec l’environnement,

  • Réforme du modèle de reconnaissance afin de permettre à chacun de recevoir les justes fruits de la solidarité.

Pour appuyer le caractère officiel de ma démarche, ces courriers lui avaient été adressé en recommandé. Je n’ai jamais eu de réponse.

 

A juste titre, vous faites appel à la solidarité de chacun, et l’on peut voir en effet que les citoyens, dans leur grande majorité, sont conscients de l’enjeu, ce qui a d’ailleurs ému jusqu’aux larmes le ministre Frank Vandenbroucke. Je me souviens qu’au début de la pandémie, en mars 2020, nombreux sont les citoyens qui confectionnèrent des masques pour venir en aide aux structures médicales et le personnel médical a enchainé des heures supplémentaires pour faire face à l’ampleur que prenait la COVID-19. Ni les uns, ni les autres n’ont été reconnus dans la bravoure dont ils firent preuve.

En mai 2020, il nous fut interdit de recevoir chez soi, de fréquenter nos lieux de culte ou encore de voyager hors de nos frontières. Pendant près d’un an, les parents et grands-parents ne purent serrer dans leurs bras les enfants ou petits-enfants.

C’est un fait raisonnable et normal que le meilleur moyen de lutter contre les coronas quels qu’ils soient est de rester chez soi et de ne voir personne, mais c’est aussi un fait que l’Homme, par nature, a l’instinct grégaire et a besoin du contact physique avec les autres pour se réaliser.

 

En acceptant que cette situation perdure, on multiplie les injustices sociales et par voie de conséquence les infractions aux règles sanitaires qui, si elles furent partagées par le plus grand nombre, commencent à peser sur les épaules de la majorité des Belges, essentiellement de la jeunesse qui, privée de recul, est en désobéissance civile permanente. C’est naturel puisque les exécutifs, sans consulter les élus, contrôlent et limitent les droits fondamentaux de leurs peuples tels que le droit au travail, le droit aux soins de santé, le droit de se réunir ou de voyager sans contrainte. Ces droits sont pourtant consacrés par les différentes constitutions et sont rappelées dans un ensemble de directives européennes du 28.06.1990.

La jeunesse paie le plus lourd tribut alors qu’elle est sensée collecter les fruits de notre action. Mais quels fruits leurs léguons-nous ? Elle nous accuse par la voix des initiatrices de mouvements de désobéissance civile. Je songe notamment à Greta Thunberg dont le discours au siège des Nations-Unies fut chaleureusement applaudi. Elle n’avait que quinze ans.

Dès que les décideurs politiques furent sortis, ils vaquèrent à leurs occupations habituelles et reléguèrent l’essentiel au second plan.

Monsieur le Premier Ministre, nous avons les réponses. Nous savons quelles actions sont nécessaires au niveau mondial, mais nous n’agissons pas. Les décisions prises depuis la COP 21 –– qui accoucha d’un traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques mieux connu sous le nom de « Accord de Paris » –– jusqu’à la COP 25, rien de substantiel n’est proposé. Les délais de mise en œuvre des engagements pris est nettement trop long et les sociétés mondialisées pèsent trop lourd sur les décisions adoptées. L’un explique l’autre.

Le monde entier est en crise. Pour moi, toutes les crises ont une origine monétaire.

 

Quand on sait que

  • les banques prêtent légalement de l’argent sans avoir les fonds propres nécessaires, (monnaie ex-nihilo) avec l’accord de la BRI.

  • la BCE arrose les banques avec de la monnaie hélicoptère (Quantitative Easing) alors que presqu’un quart de la population européenne vit sous le seuil de pauvreté,

  • les banques continuent à proposer des produits dérivés sans tenir compte de la leçon cuisante de 2007-2008 qui couta fort cher aux citoyens européens,

  • les transactions financières pèse 100 fois, peut-être 1000 fois plus que l’économie réelle,

  • les élus européens ont ratifiés la directive BRRD qui impose aux banques de se recapitaliser en cas de faillite en spoliant leurs clients et en vidant leurs comptes d’épargne, (bail-in). Cela permet de décharger les états responsables du laisser-faire sur l’ensemble des citoyens. (bail-out)

  • les banques continuent à mutualiser leurs pertes et capitaliser leurs bénéfices,

J'accuse

 

  • la BCE d’être au service d’acteurs privés non-élus,

  • les députés européens de voter des directives sans tenir compte de l’intérêt des peuples,

  • les députés nationaux de transposer les directives européennes dans la législation nationale sans tenir compte des revendications populaires.

  • les élus nationaux et européens de corruption lorsqu’ils se laissent séduire par les puissants lobbies de la finance et des multinationales.

De ce qui précède je tire quelques enseignements :

  • La crise n’effacera jamais toutes les décisions prises,

  • nos libertés seront revues à la baisse,

  • la gouvernance est déjà abandonnée aux mains d’acteurs non élus,

  • La crise sanitaire assoit l’hégémonie des multinationales pour l’après-crise ainsi que le secteur bancaire en favorisant le recours aux cartes de crédits.  De ce fait la bulle financière mondialisée explosera prochainement. Ce sont nos PME, nos artisans et les moins nantis de notre société qui en paieront la note,

  • La crise sanitaire met en évidence l’urgence de refédéraliser l’emploi et les soins de santé. Sans solidarité nationale, et même européenne, il est impossible de garantir à l’ensemble des Belges et des européens, les mêmes services sociaux.

Monsieur le Premier Ministre, au risque de me répéter, nous avons en main les réponses et nous savons ce qu’il ce qu’il faut faire mener des politiques sociales justes et équitables. Pour Stéphane Vinhas, coordinateur des opérations d’aide humanitaire internationale, " la justice sociale c’est combler un vide existant selon un principe d’humanité. contribuer à la justice sociale, c’est travailler à rétablir dans leurs droits les personnes appauvries et en situation d’exclusion afin qu’elles retrouvent leur dignité de personne humaine. Chaque individu ou mieux, chaque collectivité, peut y contribuer en s’engageant, à sa manière, à son niveau, selon ses convictions et talents, en donnant de sa richesse personnelle, c’est à dire de son temps, de sa voix, de ses idées ou de son argent, afin de changer la vie de certaines personnes."

Suite aux inondations exceptionnelles de la mi-juillet 2021, des citoyens lambda, en nombre de tous les coins de la Belgique et même d’Europe, par cars entiers, viennent encore à l’heure où j’écris ces lignes, en aide aux sinistrés wallons. Les sinistrés viennent même en aide à des plus sinistrés qu’eux.

Monsieur le Premier Ministre, vous me direz peut-être que l’’état fait ce qu’il peut et je suis persuadé que vous êtes de bonne foi, mais, contrairement à l’Etat, les efforts fournis par les citoyens pour venir en aide à d’autres citoyens n’est pas quantifiable. Ils sont inestimables.

Ce qui est admirable, c’est que les citoyens s’entraident dans la durée. Ce que j’ai peine à comprendre, c’est que les citoyens se détournent de l’action politique. Ils savent pourtant bien que ce n’est qu’au parlement que revient le pouvoir de faire et défaire des lois. Il serait donc intéressant qu’ils y envoient des gens intimement convaincus que la nouvelle gouvernance passe par des méthodes nouvelles.

Bien que convaincus d’avoir bien voté, les citoyens n’ont fait qu’abandonner leur souveraineté aux mains de gens qu’ils connaissent finalement assez mal. Il faut dire que les candidats font croire aux gens qu’ils sont les meilleurs et quand ils sont élus ils s’enracinent dans de mauvais choix. Les élus et l’Etat portent une responsabilité accablante. A titre d’exemple, la région flamande vient de voter la suppression du droit de vote en Flandre et vous n’avez même pas la possibilité d’intervenir !

Ainsi que je le rappelais au début de cette lettre ouverte, la seule méthode qui eut été significative eut été de concevoir une trilogie selon le modèle :

  • une méthode nouvelle de gouvernance 

  • une méthode nouvelle de croissance 

  • une méthode nouvelle de reconnaissance 

Face à l’urgence climatique, annoncée par le Club de Rome depuis 1972 et par un seul mouvement politique depuis plus de trente ans, en avons-nous encore le temps ?

Monsieur le Premier Ministre, l’heure n’est plus à la réflexion mais à l’action. Pendant que nous tergiversons, 20% de la population risque de mourir de faim.

 

Paul THUNISSEN

A lire - lettre ouverte aux acteurs politique du 13.02.2019 - Premier avertissement  (envoyé par recommandé à Charles Michel)

          - lettre ouverte aux acteurs politiques du 17.11.2018